De Morlaix à Roscoff

mise à jour le 6 aout 2016 µ

 


Historique

La ligne de Guingamp à Brest ouverte le 26 avril 1865, avait été réalisée à l'intérieur des terres. Elle avait laissé de coté les villes de Roscoff et Saint-Pol-de-Léon, et une forte activité agricole centrée sur la production de primeurs.

Dès 1870, des projets seront initiés pour relier ces deux villes à la gare de Morlaix, située sur les hauteurs de la ville à la sortie du viaduc établi sur la ligne de Paris à Brest.

La ligne de Morlaix à Roscoff est déclarée d'utilité publique dans la loi du 23 juillet 1879, s'intégrant dans le plan Freycinet.

Au départ de la gare de Morlaix située à l'extrémité du viaduc, la ligne bifurque pour suivre la rive gauche de la rivière. Elle passe par les gares de Taule, Taule Henvic (halte), Henvic Carentec, traverse la vallée de la Penzé sur un viaduc métallique, Plouénan, Saint-Pol-de-Léon, Roscoff

Les travaux sont entrepris par l'État

L'État accorde une concession provisoire à la Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest le 10 juin 1883, jour d'ouverture de la ligne.

Carte de la ligne (source IGN) avec ajout des gares. 1 vers Rennes ; 2 vers Brest ; 3 voie métrique Réseau Breton; 4 vers port de Morlaix (4 files de rails)

 


Architecture

Les gares de la ligne de Morlaix à Roscoff sont de type "Freycinet", à savoir un corps de batiment principal avec une toiture à deux pans, éventuellement completé d'ailes.

Saint Pol de Léon était en correspondance avec le chemin de fer secondaire de Saint Pol à Brest

 


Ouvrages d'art

L'ouvrage majeur de la ligne est le viaduc de la Penzé. Il est constitué de 4 travées métalliques. Les travaux de réalisation de la pile centrale du pont ont demandé des travaux particuliers menés par la société Five Lille.

 

Ce viaduc a la particularité d'avoir le plan de roulement situé à mi hauteur des travées latérales.

Viaduc de la Penzé (et non Peuzé comme indiqué)

 


Exploitation

Le trafic de la ligne de Roscoff sera essentiellement axé sur le transport des primeurs, la région et en particulier la gare de Saint-Pol-de-Léon jouant un role majeur dans l'expédition des trains de choux fleurs, artichauts, d'oignons*.

Les circulations voyageurs de la ligne sont essentiellement organisées en navettes formées de trains comportant l'ensemble des classes.

En 1923, la ligne voit circuler 4 allers-retours, en correspondance avec le train Paris - Brest, ainsi qu'un train supplémentaire vers Roscoff en soirée entre le 23 juin et le 3 octobre .

 

Ces horaires necessitent d'avoir au moins deux trains, le train 3584 ayant son départ avant l'arrivée du 3583.

Notons aussi la présence de voitures directes entre Roscoff et Paris Montparnasse, voitures issues des trains 501 vers Roscoff et 502 vers Paris.

 


Matériel roulant

L'ouverture de la ligne de Roscoff en 1883 conduit la Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest à établir un petit dépot en gare de Morlaix à proximité du bâtiment voyageur qui servira à l'exploitation du trafic voyageur et marchandise de la ligne.

Entre 1920 et 1930, le matériel moteur employé est surtout composé de 030 à tender séparé des séries 030-301 à 392 et de 030T des séries 30-101 à 202.

Après 1930, le dépôt conserve les 030-288; 030-358, 030-746, et reçoit quelques 230 de la série 371 à 385 (230-378; 230-380; 230-383; 230-384) pour assurer la traction des trains omnibus, et trois 140 Baldwin (140-1202;140-1374;140-1439) pour la traction des trains de primeurs, et la 030T 30-140.

 

030 et matériel court en gare de St Pol de Léon

 

 


Sources et notes

* la région était reputée pour sa production d'oignons, y compris en Angleterre où les "Johnies" traversaient la Manche en bateau pour vendre leur chapellets d'oignons.

Livret Chaix / Chemins de fer de l'Etat / Service d'été modifié au 1er juillet 1923.

Olivier Constant, les dépots vapeur de l'Ouest