Les compagnies primitives de l'Ouest 1837-1855:

 

  

Le Paris à la Mer

 Mise à jour 7 avril 2018 µ

 

L'idée de relier Paris au littoral normand nait avec la création des premières lignes à voies ferrées françaises dans le bassin de St Etienne. Trois premiers projets sont émis par Henry Navier en mai 1826 et par le britannique Marc I Brunel en 1829, puis en 1831 par le baron de Ruolz associé à Mms Henry et Millet sans qu'aucune suite ne soit donnée.

En 1833, un projet de ligne Paris au Havre est présenté dans un projet proposé par Mr Henry Fournel, qui interesse l'administration. Elle confie à l'ingénieur Defontaines l'étude du tracé. Ce dernier propose un tracé passant par les plateaux, passant par Gisors, avec embranchement à Rouen.

En 1838, après le succès des premières circulations sur la ligne de Paris à Saint Germain, le ministre du commerce et des travaux publics présente à la chambre des députés un projet de loi pour la création de lignes à exécuter d'urgence, dont une ligne de Paris à Orleans et une autre ligne de Paris à la mer.

Entre temps, plusieurs projets ont été émis en plus du projet de Defontaines. Une société créée par le banquier Charles Laffitte propose une ligne reliant Paris au Havre passant par la vallée de la Seine, étudiée par Camille Polonceau. Une autre société en commandite se créé et reprend les études de la ligne des plateaux de Defontaines. Elle a nommé l'ingénieur Frissard qui propose une ligne quittant Paris, reliant Pontoise, Chars, Gisors, Etrepagny, Charleval, Vascoeuil, Blanville, La Pommeraye, Darnetal, et arrive sur le boulevard Beauvoisine à Rouen. Le parcours se poursuit ensuite vers Pavilly, Yvetot, Bolbec, Le Havre. Un embranchement situé à Blanville permet de rejoindre Dieppe, tandis qu'un autre situé à Charleval permet de rejoindre Elbeuf, Louvier, et Saint Sever, sur la rive gauche de Rouen.

 

Tracé du projet Frissard du "Paris à la Mer" en bleu passant par les plateaux, avec ses embranchements de Blainville à Dieppe et de Charleval vers Louviers, Elbeuf et Saint Sever (Gallica -BNF)

La ligne de Paris au Havre passant par les plateaux est votée le 16 juillet 1838, et la ligne concédée à MM Lebobe, Chouquet et Cie. Le 13 août, une ordonnance royale adopte les statuts de la société anonyme du Chemin de fer de Paris à la Mer.

La nouvelle société nomme les ingénieurs chargés du trajet définitif sur l'ensemble du parcours, et commande en Angleterre 11 locomotives le 18 septembre, suivi de quatre autres le 13 octobre.

Mais les actions chutent brutalement suite aux embarras financiers du Versailles Rive Gauche, et les banques se désengagent du projet, dont la banque Delamarre qui demande le remboursement de 7 millions de francs. La compagnie demande donc dès le mois de janvier 1839 des adaptations à son projet: fractionnement de l'entreprise en trois parties distinctes (eg Paris à Rouen par Blainville, Rouen - Le Havre, Blainville à Dieppe et les embranchements de Louviers, Elbeuf et Saint Sever) , intéret plafonné à 4% aux actionnaires pendant 8 ans (durée des travaux), diverses modifications du cahier des charges permettant notamment d'abaisser les coûts.

Une crise ministérielle suivie d'une opposition grandissante au projet vont alors remanier les cartes: le premier août 1939, une loi autorisait l'État à preter 5 millions de francs pour terminer la ligne du Versailles RG, tandis qu'une autre résiliait les conventions passées avec la compagnie du Paris à la mer.

Peu après, c'est le projet passant par la vallée qui sera finalement relancé, mais cette fois sous la forme de trois concessions distinctes pour l'ensemble du trajet Paris - Le Havre - Dieppe.

 


Sources:

Remerciements à JPVL pour les informations fournies en 2007

Carte des projets des lignes du plateau et de la vallée vers 1838

Exposé soumis au gouvernement par la compagnie du Paris à la mer en 1839